Camper dans le «BLM» en Idaho : l’autre version du rêve américain

Quand nous avons traversé la frontière et sommes entrés dans l’Idaho, Henri et moi avons commencé à utiliser de plus en plus ce qu’on appelle aux USA le « BLM Land ». Ce sont des « terres publiques » gérées par le Bureau of Land Management, une institution fédérale américaine chapeautant ces espaces vierges appartenant à tous les Américains. Ces magnifiques espaces naturels ont une taille totale de 250 millions d’hectares que personne ne peut (encore) privatiser. C’est la chose la plus merveilleuse que j’ai découverte aux États-Unis.  

L’existence de terres publiques aux USA est un miracle. De mon point de vue européen, tous les aspects de la vie humaine ont été privatisés aux États-Unis. Malheureusement cela ne veut pas dire qu’on ne paye pas d’impôts (je dirais qu’on contribue environ 30% de moins qu’en France), en revanche on a l’impression de ne rien avoir de significatif en retour (typiquement, pas de couverture santé). C’est parfois très ennuyeux.

Vous avez dit « Public »?

L’obsession américaine du “No Trespassing” (quelle que soit l’orientation politique d’une personne) fait aussi partie du rêve américain. Nous sommes passés dans une région du Michigan où il y avait un grand lac sur la carte —le lac Torch, pour être précise. Après avoir conduit autour, nous n’avons jamais trouvé d’endroit accessible au public. Toute la côte avait été privatisée par des individus ayant posé leurs immenses maisons au bord de ce coin de paradis. C’est très fréquent dans l’Est américain. Maintenant, je comprends que pour trouver de l’espace public aux USA, il faut se concentrer sur les Parcs nationaux, forêts nationales, zones “Wilderness” et le BLM (par ailleurs, ces terres sont fortement menacées par le nouveau gouvernement).

Pas de problème de place aux USA, quand on aime les déserts : ici le Parc National Crater of the Moon, en Idaho

Craters of the Moon National Park, Idaho

Dans la majorité de l’est du pays, il n’y a que peu d’espace public (nous avons dépensé une somme considérable pour camper) donc nous étions assez content d’atteindre l’Ouest et de trouver ces zones de liberté et de nature.

Camper à l’œil : notre petit coin de paradis vers Ketchum, Idaho. Nous nous sommes endormis avec le bruit de la rivière juste derrière la tente.

Qu’ont ces endroits de si spécial ? Tout d’abord, ils sont d’ordinaire situés dans des zones vraiment magnifiques et relativement préservées, près de montagnes ou de désert. Ensuite, ces zones n’offrent aucun service ni équipement. Tout cela contribue à une expérience de parfaite solitude : on a souvent personne à des kilomètres à la ronde. Enfin, tout cela est gratuit. Nous avons entendu des légendes sur des Américains qui vivraient là sur ces terres toute l’année, quelque part dans l’ouest. Avec des panneaux solaires et des vans plus équipés que le notre. Franchement, c’est ma version préférée du rêve américain. Comment on les trouve ? Les applis iPhone iOverlander et AllStays les recensent plutôt bien.

Coucher du soleil dans une zone BLM ver Mitchell, Oregon

La beauté de ces espaces isolés compense l’absence de services et d’équipements. Les plus beaux endroits où nous avons campé dans ce pays était toujours des lieux vides de toute présence humaine, et gratuits. Je dirais que le vrai luxe est de n’avoir aucun voisin, dans de paysages vraiment magnifiques. C’est ce qui rend ces lieux si spéciaux à mes yeux.

Notre terre pour une nuit, Oregon  

En utilisant les zones BLM on accède facilement à des endroits naturels préservés, comme ici la forêt de Sawtooth, en Idaho. Cette chaine de montagne était franchement magique.

Sawtooth HikeSawtooth Lake, Idaho Sawtooth Mountains Idaho

J’aime tellement le concept des zones BLM que ça me motive à devenir Américaine, pour être sure de pouvoir y accéder toute ma vie… il n’y a malheureusement rien de tout à fait comparable en France pour les amoureux de la vie en nature ! Si vous avez l’occasion d’utiliser un campement BLM, ne laissez aucune trace, récupérez vos poubelles et papier WC, ne brûlez pas la forêt et profitez bien de ce retour à la nature très salutaire !

2 Replies to “Camper dans le «BLM» en Idaho : l’autre version du rêve américain”

    1. A few places had a bit of trash –especially toilet paper :-, but it’s usually not too bad. Some of them were pristine! In France, that certainly wouldn’t be possible. I think most people who use the lands here in the US understand the value of it.

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